10.10.2009
Manuel de Vandier III Ancien empire Chap 4
CHAPITRE IV
COIFFURE, COSTUME ET PARURE
I. La coiffure
a) coiffures royales
La couronne blanche de Haute Egypte et la couronne rouge de Basse Egypte ne sont que très rarement attestées en ronde bosse. De la couronne rouge, on ne possède aucun exemple certain, probablement dû à la fragilité de l’élément en spirale. La couronne blanche est un peu plus fréquente mais sa présence reste discrète. La majorité des statues portent le némès, linge enveloppant la tête, s’évasant de chaque côté des oreilles et retombant sur la poitrine. L’arrière du némès se termine par une sorte de cadenette.
b) coiffures masculines
- Les égyptiens ne portaient pas toujours une perruque. Parfois, ils ont le crâne rasé. Les hommes sont cependant très fréquemment représentés avec les cheveux courts dans ce que l’on peut appeler « la taille réaliste », sorte de calotte en relief, découpée sur le devant et simplement peinte en noir.

- dans d’autres cas, la tête est recouverte d’une calotte en relief qui n’est pas découpée sur le front. C’est ce que l’on peut appelée « la taille stylisée » comme les représentations de certaines têtes de réserve.

- on pense aussi que les égyptiens portaient des sortes de serre tête particulièrement lorsque l’on voit des lignes horizontales parallèles et en relief. Cela pourrait représenter une curieuse stylisation des cheveux naturels, ou une sorte de tissu étroitement serré autour de la tête.
- sur la plus part des statues, les hommes sont coiffés d’une perruque bouclée ou non. Les boucles sont indiquées par de petits rectangles. La perruque bouclée est toujours courte ; enveloppant la tête elle descend assez bas sur le front et s’arrête à un niveau qui se place entre la bouche et le menton. Les oreilles sont régulièrement couvertes. Il arrive que les boucles soient remplacées au sommet du crâne par une calotte à mèches rayonnantes. Il est à noter que la ligne frontale est soit en arrondi de chaque cotés des tempes, soit presque en angle droit.
- la perruque évasée qui remonte au règne de Didoufri, a reçu une faveur presque aussi grande que la perruque bouclée. Cette perruque présente de longues mèches parallèles, partant d’une raie médiane. Les exemples en sont plus nombreux à la VIe dynastie qu’à la Ve. Une faible ligne oblique surplombe partiellement les épaules avant de s’arrondir sur le dos. Il arrive même que cette perruque soit très évasée et rejetée en arrière et s’étalant largement en éventail sur le dos.
c) Coiffures féminines
Les perruques féminines se répartissent en deux groupes, les perruques demi longues et les perruques tripartites.

- la perruque demi longue est une perruque à raie médiane, encadrant régulièrement le visage et tombant sur les épaules. Les mèches qui sont indiquées par des lignes parallèles, partant de chaque côté de la raie médiane, se terminent parfois, par de petites boucles. Les cheveux naturels apparaissent souvent sur le front.

- la perruque tripartite divise les cheveux en trois masses, la plus importante étant celle tombant sur le dos, les deux autres descendant de chaque côté du visage sur la poitrine, sous forme de cylindre. Les oreilles couvertes à l’époque archaïque, sont visibles sous le règne de Mykérinos, pour être de nouveau cachées sous la Ve dynastie, et de nouveau visibles à la fin de la VIe et à la Première Période Intermédiaire. Cette perruque qui allait jouir d’une très grande faveur au Moyen Empire et à la XVIIIe dynastie est assez rarement attestée à l’Ancien Empire, époque à laquelle domine la perruque demi longue.
II. Le costume
a) Le costume masculin
Le vêtement masculin dans l’Egypte de l’ Ancien Empire est extrêmement simple : il s’agit toujours d’une étoffe que l’on enroule autour des reins.
- les rois portent régulièrement la chendjit, pagne dont les deux extrémités arrondies se croisent en avant et qui sont complétées par une pièce d’étoffe médiane dont les bords sont légèrement concaves. Exceptionnellement, les rois portaient une cape de cérémonie, dont ils s’enveloppaient pour la fête sed .Cette cape couvrait les bras dont seules émergeaient les mains croisées sur la poitrine.

- les particuliers portent généralement un pagne court s’arrêtant juste au dessus des genoux et retenu par une ceinture. Ce pagne faisait en général une fois et demi le tour du corps. Dans de très nombreux cas, le pagne se termine à une extrémité par un bord arrondi dont la courbe était considérée comme un ornement. La plus part de ces vêtements étaient partiellement plissés, de façon oblique ou verticale.
- il arrive que les hommes portent un vêtement plus ample et plus long.
- d’autres pagnes présentent en avant un tablier triangulaire faisant saillie sur le devant dont on pense qu’il était empesé. Cette forme de pagne s’allongera jusqu’à former uns sorte de jupe qui jouira, à partir de la Ve dynastie, d’une grande faveur.
- on se doit de signaler que les hommes, tant dans la statuaire de bois que celle de pierre, sont parfois nus.
b) Le costume féminin
Le plus souvent, les femmes portaient une jupe assez collante montant jusqu’aux seins et descendant un peu en dessus des chevilles. Ce vêtement était généralement retenu par des brettelles assez larges couvrant les seins et formant un décolleté en V. En général, l’étoffe est si mince que le modelé du corps apparaît d’une manière très détaillée et qu’il arrive que la femme semble nue. Il se peut que ce fut réellement le cas à partir de la fin de la VIe dynastie et lors de la Première Période Intermédiaire mais dans des figurines de bois.
III. La parure
Le seul bijou qui apparaisse assez fréquemment dans la statuaire, est le collier ousekh, plus souvent attesté chez les hommes que chez les femmes. Ce collier en forme de croissant était fait avec des perles d’or, d’argent, de pierres dures ou de faïence. Les pièces d’attaches sont parfois remplacées par des têtes de faucons avec le bec tourné vers l’extérieur. Le poids important de ce collier était équilibré par un contrepoids qui tombait dans le dos . A l’occasion de grandes fêtes, les femmes pouvaient porter un pectoral tombant en sautoir sur la poitrine. Les hommes portaient aussi parfois un devanteau de perles au-dessus du pagne et que les femmes ornaient leur coiffure d’un diadème qui jouissait d’une certaine faveur à l’Ancien Empire. Les bracelets ne sont pas très fréquents sur les statues et on les rencontre davantage sur les stèles, portés uniquement par des femmes. Les périscélides sont encore plus rarement reproduits.
L’Egypte de l’Ancien Empire, sans dédaigner les bijoux, n’avait pas encore le goût du luxe qu’elle ne devait acquérir qu’au Nouvel Empire.
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